Ce réseau de faux articles de luxe démantelé : “un certain talent commercial” reconnu, mais un trafic peu rentable selon le tribunal

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On connaissait les arnaques de bas étage, mais à Strasbourg, on a eu droit à un « trafic d’ampleur » façon grands noms du luxe… à prix cassés – et contrefaits ! Retour sur l’histoire d’un réseau démantelé, où l’audace commerciale rivalisait avec la modestie des revenus.

Le business florissant (au parfum douteux)

Difficile de faire plus tendance : Chanel, Gucci, Nike, Hermès, New Balance, Asics, Guerlain… La liste s’étire, le portefeuille frémit, les yeux brillent : voilà qu’entre mars 2024 et décembre 2025, trois hommes de 32 ans écoulent d’importantes quantités de vêtements, de chaussures et de parfums de marques contrefaites dans l’agglomération strasbourgeoise. La procureure ne mâche pas ses mots : il s’agit d’un véritable « trafic d’ampleur ».

Pour écouler leur stock, la bande use des réseaux sociaux : 14 pages Facebook, 3 comptes Snapchat et 2 canaux Telegram. Au fil des perquisitions, ce sont plus de 400 paires de baskets et des vêtements qui sont saisis. Autant dire qu’on dépasse le vide-dressing entre copines.

Organisation bien huilée… Comme une vraie entreprise !

Il faut croire qu’en France, l’entrepreneuriat n’a pas toujours bonne presse. Le président du tribunal le souligne tout de même, surpris (presque admiratif ?) : « Ça marchait comme une entreprise avec des comptes de fidélité et des réductions : vous avez un certain talent commercial. »

Les recettes du succès de cette équipe ?

  • Des dizaines de marques prestigieuses pour appâter le chaland ;
  • Des réseaux sociaux bien rodés pour multiplier les canaux de vente ;
  • Fidélisation des clients (mais fidélité d’un genre un peu particulier…)
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Au total, une seule des pages Facebook comptait pas moins de 2 500 abonnés. Pourtant, on le verra, c’est loin d’avoir permis au cerveau du réseau de rouler sur l’or.

Des revenus… en mode discount

Si la machine imite les engrenages d’une société, les profits restent, eux, à des années-lumière du CAC 40. Le principal animateur, gestionnaire des réseaux sociaux et des stocks, reconnaît avoir engrangé… 10 000 euros durant la période, soit moins de 700 euros par mois selon le calcul de son avocat. Pour un trafic de cette ampleur, c’est presque à se demander si les marges n’étaient pas elles aussi… contrefaites !

Les deux autres membres, chargés de livrer les précieux colis, ont déclaré avoir touché 2 000 euros sur la période. Le président du tribunal a précisé : « 10 euros par colis livrés ». L’un d’eux a d’ailleurs expliqué avoir été entraîné dans cette galère contre sa volonté, la faute à une dette contractée auprès du chef du réseau