Discrètes, presque invisibles, et terriblement inquiétantes : les caméras cachées dans les chaussures s’invitent jusque dans le métro parisien, faisant frémir à juste titre les réseaux sociaux et les usagères du quotidien. Ce nouveau stratagème de voyeurs choque et interroge sur nos capacités à protéger la vie privée et l’intimité dans l’espace public.
Une tendance glaçante repérée partout en France
Les alertes affluent sur les réseaux sociaux. On y parle d’un phénomène qui fait froid dans le dos : des voyeurs qui placent des caméras miniatures sur leurs chaussures, dans l’unique but de filmer sous les jupes des passantes. Si l’on pensait ce procédé digne d’un mauvais film d’espionnage, il est pourtant bien réel et déjà repéré sur plusieurs territoires. Ainsi, des cas ont été signalés en Haute-Vienne. Fin août, à Évreux, un homme de 47 ans a même été arrêté en flagrant délit lors d’un festival. La preuve que le fléau ne reste pas confiné au web ou à l’imaginaire collectif. Certains comportements relèvent également de ce qu’on pourrait qualifier de voyeurisme en supermarché.
Les victimes vivent la peur en silence
Lycia, jeune femme à Paris, n’a pas attendu d’être victime pour adapter son quotidien. Au micro de RTL, elle confie qu’elle porte systématiquement un short sous sa robe lorsqu’elle prend le métro parisien : “C’est assez angoissant, personne n’a envie qu’on regarde sous sa jupe”, explique-t-elle, lucide et légèrement blasée. Bien décidée à ne pas laisser les agresseurs dicter sa garde-robe, Lycia refuse de céder à la psychose – mais la tension est bien palpable. La discrétion de ces dispositifs rend la détection extrêmement difficile, renforçant le sentiment d’impuissance de celles qui pourraient en être la cible.
Des gadgets en vente libre au coin de la Toile
L’inquiétude monte d’autant plus que ces caméras, ô surprise, sont à la portée de (presque) toutes les bourses. Pour environ 200 euros, il est facile de s’en procurer sur internet, voire dans certaines boutiques spécialisées dans la sécurité. Nadim, responsable d’un magasin, explique à quel point ces objets peuvent avoir l’air inoffensifs : « C’est assez simple à utiliser. Il suffit de mettre une carte mémoire dedans, de faire un trou dans la chaussure, de passer le bouton sur “ON”… et ça enregistre ». Une simplicité qui fait froid dans le dos, tant elle facilite l’usurpation d’usage. Car, si ces caméras sont généralement achetées par des sportifs ou des personnes soucieuses de surveiller leur logement, on comprend vite que leur usage peut déraper.
- Utilisation possible pour surveiller un domicile
- Facilité de détournement à des fins voyeuristes
- Absence de traçabilité sur l’utilisation réelle après achat
Selon Nadim, la plupart du temps, les clients ne précisent pas l’usage réservé à ces gadgets. Pour lui, la règle d’or lors de chaque vente reste : rappeler la légalité de leur usage. Faire fi de cette précaution légale peut coûter cher – un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende en cas de captation d’images sans consentement : voilà qui a de quoi refroidir les ardeurs des apprentis espions en herbe.
Des arrestations et des dégâts bien réels
Parfois, la technologie trahit son utilisateur. Dominique Pelicot en a fait l’amère expérience, en dissimulant son téléphone dans sa sacoche pour filmer sous les jupes de trois femmes. Pris en flagrant délit par un vigile, il sera arrêté et une enquête ouverte. Les policiers découvrent alors, sur son téléphone, la preuve de viols subis par son épouse, Gisèle Pelicot. Si chaque histoire ne finit pas ainsi, l’existence même de ces scènes prouve la gravité des intentions derrière de simples gadgets, et la détresse qu’elles infligent aux victimes.
L’avertissement est clair : si la technologie ouvre des portes à l’imagination… et parfois à la transgression, la loi, elle, n’hésite pas à les fermer. Avant d’acheter un gadget “amusant”, pensons aux conséquences pour autrui. Quant à celles et ceux qui se sentent menacés, vigilance et solidarité seront toujours les armes les plus efficaces contre ce genre de dérives. En attendant, continuez à vous habiller comme il vous plaît : la honte doit changer de camp.

Julien, passionné de sneakers depuis toujours et amateur de streetwear sous toutes ses formes. À travers EDS, il partage simplement ses coups de cœur, ses découvertes et son regard sur une culture qui ne cesse d’évoluer. Sans prétention, juste l’envie de transmettre une passion.




