“Je ne savais pas que je faisais du mal” : le voyeur du supermarché avoue, les victimes brisées racontent l’horreur

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Dans les allées d’un banal supermarché du Maine-et-Loire, derrière les étiquettes promotionnelles et les frigos pleins, c’est un drame d’intimité bafouée qui s’est joué. Ce n’est qu’une fois le rideau levé par les caméras de surveillance, et la stupeur passée, que l’horreur tranquille de ce voyeurisme s’est dévoilée. “Je ne savais pas que je faisais du mal” dira l’auteur des faits… Mais les victimes, elles, n’oublieront jamais.

Un voyeurisme bien huilé et un supermarché comme théâtre

À première vue, rien ne distingue ce client de 54 ans dans les rayons de l’Hyper U de Mûrs-Érigné. Cheveux blancs, lunettes bleues, une allure lambda. Sauf qu’à ses pieds, discrètement, une caméra miniature attend sa proie. Son stratagème est rodé : il glisse son pied sous les jupes ou les robes de clientes pour filmer leurs sous-vêtements. Le ballet dure jusqu’au 12 juin 2021, date de son interpellation, après que la vidéosurveillance ait percé à jour ses agissements. Pour en savoir plus, il est important de rester vigilant face aux caméras cachées dans les chaussures.

Perquisition : chez lui, c’est l’effroi. Les enquêteurs tombent sur des clés USB, des disques durs cryptés, des CD. Un classement méticuleux : des fichiers à foison, les plus anciens remontant à 2009, étiquetés par initiales, chacune correspondant à une victime différente. Pas de partage sur Internet, mais l’insoutenable persistance du geste, visible sur des centaines, voire des milliers de séquences. Un article détaillant la manière dont ce réseau opérait évoque également le trafic d’ampleur de faux articles de luxe.

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Choc et trahison : les victimes découvrent l’ampleur

Pour certaines femmes, le choc est absolu. Une ex-collègue, la voix tremblante, se souvient : “C’est quand les gendarmes m’ont contactée que j’ai découvert.” Elle n’était pas seule. Une autre collaboratrice réalise avec effroi qu’elles ont, pendant des années, été surveillées.

Le voyeur n’avait pas de limite au bureau : il filmait sous le meuble, captant la vulnérabilité à l’abri des regards, y compris jusque dans la salle de bains de l’entreprise. “Il a eu le temps de me filmer quand je prenais ma douche le midi, après le sport”, se remémore celle qui a partagé douze ans de travail auprès de lui. L’incompréhension domine : “J’étais abasourdie, et loin d’imaginer qu’il puisse faire ça, je ne comprends pas…”

  • Surveillance répétée sur plusieurs années
  • Vie privée violée au bureau et dans l’intimité
  • Découverte tardive et violente grâce aux forces de l’ordre

Au tribunal : aveux, enfance et questions sans réponses

Mardi 12 mars 2024, le prévenu se présente devant le tribunal, jugé pour voyeurisme aggravé. L’homme reconnaît les faits, tête basse : “J’agissais sans me rendre compte que je faisais quelque chose de mal, je pensais que c’était anodin.” Pour expliquer, il remonte à l’enfance : “Quand j’étais petit, pour rompre la solitude, je regardais par la fenêtre, chez les voisins.” Il évoque un “déclic” depuis son interpellation, une thérapie engagée, et confesse une pratique du voyeurisme depuis ses 18 ans.

L’accusé précise avoir aussi filmé chez lui, dans ses toilettes, ses invitées féminines, gardant toutefois toutes les images pour lui. “Je suis profondément navré”, tente-t-il devant les juges, sans convaincre.

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Des séquelles durables et une colère légitime

Face à la barre, les victimes, elles, restent bouleversées. “Je ne crois pas en sa sincérité”, martèle Nathalie Valade, avocate de deux femmes “terriblement meurtries”. Pour elle, “c’est une véritable perversion de prendre les gens dans les toilettes”. Les conséquences ? L’avocate Chloé Loison témoigne : sa cliente, suivie dans l’hypermarché, “est très anxieuse à l’idée d’aller dans un lieu public, elle s’interdit de porter des jupes ou des robes…”.

  • Anxiété permanente en public
  • Autocensure vestimentaire
  • Perte durable du sentiment de sécurité

L’avocat de la défense, Jean De Bary, assure que “depuis les faits, l’homme n’aurait pas recommencé” : l’expert psychiatre a “écarté la dangerosité”, et insiste : “Vous n’avez pas un pervers devant vous. Et la colère des victimes, elle est comprise, admise.”

Dans cette sordide affaire, filmée et archivée méthodiquement pendant plus d’une décennie, l’irréparable est là. Pour les victimes, un pan d’insouciance, voire de liberté, s’est effondré. Peut-on jamais refermer tout à fait la porte après une telle intrusion ? Que ce soit au supermarché ou ailleurs, rappeler, sans relâche : non, il n’y a rien “d’anodin” à espionner la vie des autres.